Les arbres emblème du Canada

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Canada

Érable Acer spp – Il y a dix espèces d’érable au Canada, mais c’est l’érable à sucre qui est le plus couramment reconnu comme arbre national du Canada. Une version stylisée de la feuille à cinq lobes, un de nos symboles les mieux connus, est le symbole du drapeau canadien. Les feuilles d’érable ont un diamètre de 7 à 13 cm de longueur et, comme tous les érables, se colorent de rouge et d’or en automne. L’écorce du jeune érable à sucre est grise-brune et lisse, mais devient écailleuse et sillonnées avec l’âge. L’érable à sucre est connu partout au monde, puisqu’il est la source de l’eau sucré utilisée dans la production de sirop d’érable, une spécialité canadienne. Chaque printemps, l’eau d’érable est récoltée et est portée à ébullition pour produire du sirop d’érable. Une partie de ce sirop peut être évaporée pour produire du sucre d’érable. [34 litres d'eau d'érable = 1 litre de sirop ou 3.6 kg de sucre]

 

Territoires du Nord-Ouest

Mélèze laricin Larix laricina -Le mélèze est une des essences les plus répandues d’Amérique du Nord. On en retrouve dans toutes les provinces canadiennes et il s’étend jusqu’aux territoires du Nord-Ouest, proche du cercle Arctique. Contrairement à la plupart des conifères, le mélèze est une espèce décidue. Alors que les conifères perdent normalement environ un tiers de leurs aiguilles à chaque année, le mélèze perd toutes ses aiguilles à chaque automne. Au printemps, de nouvelles aiguilles, douces et plates, poussent en petites touffes denses aux pointes de petites saillies sur les branches. L’écorce du mélèze est mince, écailleuse et a une couleur allant du gris au brun-rougeâtre.

Le mélèze est extrêmement durable et résistant à la pourriture; le tannin de son écorce est utilisé pour tanner le cuir. Les porcs-épics se nourrissent de l’écorce vivante, le lièvre d’Amérique se nourrit de ses semis et l’écureuil roux, de ses graines. Les oiseaux communs aux peuplements de mélèzes inclus le bruant chanteur, le bruant à gorge blanche, la grive fauve, le passereau et la paruline à joue grise.

 

Le Yukon

Sapin subalpin Abies lasiocarpa – Cette espèce est indigène des montagnes du centre du Yukon, où il contourne la lisière des forêts, la côte du sud-est de l’Alaska, et l’ouest de l’Alberta et de la Colombie-Britannique. Le sapin subalpin est un conifère ayant des aiguilles d’un vert bleuté, mesurant de 2.5 à 4.5 cm, avec une pointe arrondie portant une encoche. À maturité, l’écorce est grise-brune, écailleuse et couverte de rides. Le sapin subalpin peut atteindre une hauteur de 33 m, mais son tronc est souvent tordu, surtout proche de la lisière des arbres, où ses branches plient sous le poids de la neige et touchent le sol, où elles peuvent ensuite former des racines. De petits mammifères, oiseaux et des espèces plus grosses, comme des wapitis, caribous forestiers, orignaux, mouflons d’Amérique, ainsi que des ours noirs et grizzlis, se réfugient souvent dans les peuplements de sapins subalpins

 

Terre Neuve et Labrador

Épinette noire Picea mariana - Une des six espèces principales de la forêt boréale, l’épinette noire, est trouvée partout au Canada, incluant le cercle polaire et les Territoires du Nord-Ouest. L’épinette noire pousse de façon optimale en milieux marécageux où elle peut atteinte de 10 à 13 m de hauteur. Ses aiguilles vertes foncées ne sont pas piquantes, mais plutôt gonflées et ont une longueur d’environ 1 cm. L’écorce externe est brune rougeâtre, et l’écorce interne est verte olive lorsqu’elle est fraiche.

L’épinette noire est connue comme étant un des arbres de l’industrie du papier du Canada. Ses longues fibres renforcissent la pulpe et les produits de papeterie. Pendant des siècles, l’épinette noire a été utilisée dans la fabrication d’onguents à partir de sa résine, ainsi que de breuvages, de distillations aromatiques et de matériel de fixation utilisés dans la fabrication de canoës en écorce de bouleau. Les oiseaux dépendants de l’épinette noire quant à leur habitat ou leur nourriture sont le tétras du Canada, le roitelet à couronne rubis, le durbec des sapins, le tarin des pins et le bec-croisé. 

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Nouvelle-Écosse

Épinette rouge Picea rubens -L’épinette rouge est caractéristique des forêts acadiennes de l’Est du Canada, de l’est des Grands Lacs de l’Ontario et de la forêt laurentienne. C’est un arbre de taille moyenne qui peut atteindre les 400 ans. Ses aiguilles sont semblables à celles de l’épinette noire, mais elles sont plus longues. L’écorce est grise foncée à brune et l’écorce vivante est brune rougeâtre. L’épinette rouge croît le long des rivières et des tourbières, où elle peut atteindre 21 m de haut.

Le bois de l’épinette rouge est idéal pour la fabrication d’instruments à corde, tels le piano,  la guitare, la mandoline, l’orgue et le violon. Historiquement, ses exsudats étaient utilisés pour faire de la gomme à mâcher et du thé sucré, qui étaient ensuite utilisée pour traiter le scorbut. En hiver tout particulièrement, l’épinette rouge peut servir de couvert aux cerfs et aux orignaux et aux plus petits animaux comme le lièvre d’Amérique, la gélinotte huppée, la bécasse et à certains oiseaux chanteurs. 

 

Île du Prince Edward

Chêne rouge Quercus rubra – Le chêne rouge se trouve dans la plupart des Maritimes (sauf à Terre-Neuve), au sud du Québec et de l’Ontario. C’est un arbre qui est souvent planté comme arbre ornemental à cause de sa cime symétrique et de son feuillage qui devient rouge en automne. Ses feuilles sont grandes et peuvent atteindre les 12 cm de largeur et 20 cm de hauteur. L’écorce est brune foncée virant au noir, crevassée et rigide. Cet arbre peut atteindre 15 à 21 m de hauteur, avec un diamètre à la base de 1 m. Le chêne rouge produit quantité de bois de grande qualité et attrayant, utilisé dans la construction de meubles et de planchers. Une autre de ses caractéristiques marquantes est son gland qui était utilisé par les Premières Nations, pour qui il constituait une source primaire de protéine, de gras et d’amidon. Contrairement aux châtaignes et aux glands des chênes blancs, le gland du chêne rouge peut être conservé tout au long de l’hiver grâce à leur haute concentration en tanins. Les glands de chêne rouge sont encore une source de nourriture importante pour les écureuils, cerfs, dindons, souris, campagnols et oiseaux

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Nouveau Brunswick

Sapin Baumier Abies balsamea – Le sapin baumier possède une grande répartition, s’étendant dans les Maritimes, le Québec, l’Ontario, une grande partie du Manitoba et de la Saskatchewan, ainsi que certaines parties de l’Alberta. Les aiguilles du sapin baumier sont aplaties, typiquement émoussées ou avec une encoche à la pointe. L’écorce jeune est souvent couverte de poches de résine, alors que l’écorce mature devient grise ou rouge-brunâtre et forme des plaques. Les sapins véritables ont des cimes denses et fléchées, ce qui les rend très populaires sur le marché du sapin de Noël et donc, un des conifères les plus importants au Canada. L’oléorésine de l’écorce est utilisée pour monter des spécimens microscopiques pour l’observation au microscope, pour cimenter des systèmes optiques et dans la production de composés médicinaux et de vernis à l’alcool. Les peuplements de sapins baumiers fournissent couvert et nourriture aux orignaux, cerfs de Virginie et ours noir. 

Québec

Bouleau jaune Betula alleghaniensis – Le bouleau jaune, le bouleau indigène le plus précieux du Canada, se trouve dans certaines parties de Terre-Neuve, dans les Maritimes, ainsi qu’au sud du Québec et de l’Ontario. Il est facile à identifier par son écorce papyracée jaune-bronze qui lui donne son nom, ainsi que par l’odeur de menthe de son écorce vivante. Le bouleau jaune est la plus grande essence de l’Est du Canada, pouvant atteindre une hauteur de 25 m et un diamètre de 2m. Bien qu’ils aient une croissance lente, ces arbres peuvent vivre 150 ans, entourés de feuillus et de conifères, dans les sols humides et bien drainés des hautes-terres et ravins montagneux.

Les bouleaux jaunes font partis des principaux feuillus utilisés dans la distillation de l’alcool de bois (methanol), l’acétate de calcium, charbon de bois, goudron et huiles. Dans la forêt, c’est un important apport nutritionnel pour les cerfs et orignaux, ainsi que pour d’autres animaux qui mangent leurs bourgeons et leurs graines. 

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Ontario

Pin blanc Pinus strobus - Le pin blanc se trouve à Terre-Neuve et dans les Maritimes, ainsi qu’au sud du Québec et de l’Ontario, comprenant le sud de la forêt boréale canadienne. Il est facile à identifier par ses bouquets de cinq longues aiguilles, mesurant de 7 à 13 cm de long et par son écorce grise marquée par des blocs rectangulaires. C’est le plus grand des conifères du Nord-Est américain, puisqu’il peut atteindre 23 à 30 m de haut dans des sols humides et de sable loameux. Il forme souvent des peuplements purs.

Pour fournir suffisamment de bois à la fin des années 1800, de grands peuplements de pins blancs du Canada avaient été coupés et envoyés de l’autre côté de l’océan atlantique afin d’être utilisés pour la reconstruction de l’Europe après les guerres Napoléoniennes. Il y a eu quelques inquiétudes quant à la coupe extensive de cette espèce et aux maladies subséquentes, qui risquaient d’annihiler l’espèce qui heureusement, a survécu. Des oiseaux chanteurs sont communs aux plantations de pins blancs, tel que le pic maculé, la mésange à tête noire, la sitelle à poitrine blanche, la paruline des pins, le durbec des sapins, et le bec-croisé des pins. Des mammifères comme le porc-épic, l’écureuil gris et roux, la souris et le cerf de Virginie, apprécient les peuplements de pin blancs. 

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Manitoba

Épinette blanche Picea glauca - L’épinette blanche possède l’une des plus grandes distributions au Canada, allant de Terre-Neuve à la Colombie-Britannique, et au nord du Cercle arctique. Ses aiguilles sont semblables à celles de l’épinette noire, mais deux fois plus longues, atteignant les 2.5 cm et, souvent, groupées sur le côté supérieur de la branche. L’écorce est brune cendrée et l’écorce vivante est argentée. Les peuplements d’épinettes blanches ont un rôle très important dans le maintien de la stabilité des sols et des bassins versants.

Pendant l’établissement du Canada, l’épinette blanche a fourni des abris et du carburant aux colonies européennes et aux Premières Nations des forêts nordiques. Ses racines étaient utilisées pour la solidification de paniers et canots en écorce de bouleau, et les branches comme matériel de couchage. La résine d’épinette et les exsudats provenant d’aiguilles bouillies étaient utilisés à des fins médicinales. Les peuplements d’épinettes blanches constituent un abri et une source de nourriture pour l’écureuil roux, le tétras du Canada, la martre, le carcajou, le lynx et le loup.

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Saskatchewan

Bouleau à papier Betula papyrifera – Le bouleau à papier a une grande répartition, d’une rive du Canada à l’autre, montant jusqu’aux Territoires du Nord-Ouest. Les branches du jeune arbre sont foncées, d’une couleur passant du brun-rougeâtre au noir. Ce sont les arbres matures qui ont l’écorce blanche papyracée si caractéristique de l’espèce, qui lui donne son nom « bouleau à papier ». Les Premières Nations ont découvert que cette écorce, composée de plusieurs couches, peut être pelée pour construire les fameux canots d’écorce de bouleau, un icône canadien. Le bouleau à papier est une espèce poussant sur le bord des forêts, ainsi que sur les rives des lacs et des rivières. C’est une des premières espèces à coloniser après feu ou après coupe. Le bouleau à papier est aussi important pour la nutrition de certains oiseaux, incluant certains passereaux, le tarin des pins, la mésange et la gélinotte huppée.

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Alberta

Pin tordu Pinus contorta -Le pin tordu est indigène à l’ouest de l’Alberta et dans la plupart des régions de la Colombie-Britannique. Ses aiguilles poussent en paires, ayant une longueur variant entre 2,5 et 7,5 cm. À l’intérieur des terres, cette espèce a un fût droit et mince, atteignant 25 m de hauteur. Par contre, sur les rives et à la limite des arbres, son fût est souvent tordu et arbustif.

Puisque cet arbre possède des cônes fermés, la dispersion de ses graines est adaptée aux feux de forêt. Les cônes de pins sont scellés avec de la résine, qui piège les graines à l’intérieur. Quand un feu brûle la forêt, la chaleur fait fondre la résine et libère les graines qui tombent dans les cendres et le sol riche en nutriment. La forêt peut ainsi se régénérer. Cet arbre a été nommé « lodgepole » en anglais par les explorateurs Lewis et Clark qui ont découvert les Indiens des grandes plaines. Ceux-ci utilisaient ces pins comme support pour leurs logis et tipis. Les Premières Nations qui habitaient sur les rives des océans utilisaient les fûts tordus des pins de leurs territoires à des fins médicinales; la poix était appliquée dans les blessures et les bourgeons étaient mâchés pour soulager les maux de gorge. 

 

Colombie Britannique

 Cèdre de l’Ouest Thuja plicata -Le cèdre de l’Ouest, aussi connu comme le thuya géant, est caractéristique des régions côtières et des forêts de la Colombie-Britannique. Son feuillage est foncé, d’un vert lustré et l’écorce est brune-rougeâtre foncée, fibreuse et formant des lambeaux, avec des stries verticales sur le tronc. Dans les bas-fonds humides, les arbres de cette espèce peuvent atteindre 45 à 60 m de hauteur, avec un diamètre allant jusqu’à 2,5 m. Des forêts cathédrales, formées de peuplements de cèdres de l’Ouest, sont des paradis pour les amateurs de plein-air, éblouis par ces arbres imposants.

Sa taille, sa durabilité et son grain très droit en font un bois d’œuvre très important. Pratiquement tous les bardeaux sont faits de cèdre et son bois est considéré comme l’un des meilleurs pour la construction de bateaux ou de canots. Dans les placages, c’est le bois principalement sélectionné pour couvrir les sièges de compétition dans les bateaux. Le bois du cèdre de l’Ouest est favorisé partout pour sa résistance en conditions propices à la décomposition. 

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Illustrations par Wendy Mairs